Un ex-«nouveau philosophe» (André Glucksmann), un théoricien de la libération sexuelle (Pascal Bruckner), un ancien des Inrockuptibles (Marc Weitzmann), un écrivain chevènementiste (Max Gallo) : dans le champ intellectuel, Nicolas Sarkozy ratisse. Dans une tribune publiée par le journal le Monde daté d'aujourd'hui, André Glucksmann, grand contempteur du totalitarisme, a annoncé son soutien au président de l'UMP. Un ralliement bruyant, qui illustre la droitisation d'une fraction des intellectuels français, autrefois rattachés à la gauche.
En 1995, soucieux de contourner Edouard Balladur par la gauche, Jacques Chirac avait entamé un travail de séduction méthodique des intellectuels de gauche, qui lui avait ramené dans ses filets le soutien de personnalités aussi inattendues qu'Emmanuel Todd ou Régis Debray. Dans son souci d'adoucir son image de champion de la rupture libérale, Sarkozy marche dans les pas de son modèle. Il a organisé quelques déjeuners et des petits déjeuners en tête-à-tête. «Il est très courtois, très brillant», raconte Pascal Bruckner, sensible à certains de ses propos. «J'apprécie ce qu'il dit sur l'éducation ou sur le patriotisme. On a besoin d'un candidat courageux, qui prenne des risques.»
Revirement. André Glucksmann fonde sa décision sur les questions internationales, notamment la Tchétchénie, où il met en regard les déclarations anti-Poutine de Sarkozy avec l'amitié jamais démentie de Chirac pour le leader russe. Curieusement,




