Attention, turbulences en vue. Qu'elle soit radicale ou gouvernementale, la gauche risque de pâtir de l'entrée en lice de José Bové dans le tournoi élyséen. Car le troisième «B» de la gauche de la gauche (avec Marie-George Buffet et Olivier Besancenot) pourrait faire autant de mal à Ségolène Royal qu'à Dominique Voynet et à ses deux concurrents antilibéraux. Le paysan altermondialiste annoncera sa candidature à la présidentielle ce matin à Saint-Denis. Et déstabilisera un peu plus encore une gauche qui, tous candidats confondus, peine à dépasser les 40 % des voix au premier tour, selon les sondages d'intentions de vote de plusieurs instituts.
L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne invoque sa rectitude. Selon son entourage, il entend «être utile à la gauche pour battre Sarkozy et Le Pen» tout en incarnant l'«espoir d'une vraie alternative à gauche». Au PS, la ligne quasi officielle est de ne pas se préoccuper de cette affaire. Comme l'écrivait mardi Jean-Christophe Cambadélis (1), «nous ne voulons pas nous en mêler, mais nous refusons de nous en défier». Car la candidature Bové peut être une chance pour Royal, en ce sens qu'elle peut ramener «au combat contre la droite au pouvoir des gens qui s'enfermaient dans le dépit», souligne l'ancien mécanicien de la gauche plurielle. Et, comme dit un socialiste, «c'est tout bénef pour le second tour». Le syndicaliste est en effet moins ambigu que Besancenot sur le second tour :




