Comme chaque début de semaine la queue du bon sens se forme dès 7 h 45 rue Bayard, à Paris. L'enregistrement des Grosses Têtes sur RTL, émission patrimoniale de la première radio de France, débute à 9 h 30. Le vieil abonné est ici comme chez lui. Certains ont quinze ans de file d'attente, comme ce monsieur de Pontoise que ses voisins connaissent depuis toujours mais dont ils ignorent le nom. Pour chacun il estle «numéro 3» car il arrive toujours après le numéro 1 et le numéro 2. Une habitude dont il a beaucoup de mal à se défaire, dit cet homme à grosses lunettes d'écailles : «C'est une question de discipline. Et ici on vient pour le rire», dit-il. Ses voisins acquiescent gravement et ne sont «certainement pas là pour causer politique». Deux couples de la région de Rennes sont venus «par curiosité». Ils trouvent que les «gens sont tristes. Surtout les femmes dans le métro. Chez nous, on cause avec son voisin. On cause des élections, même je trouve que ça démarre mollement», dit Michèle, mariée depuis quarante-cinq ans à Antoine. Le couple vient de vendre son exploitation agricole. Antoine pencherait plutôt à droite, «mais pourtant, Sarkozy au début m'a fait peur : un peu trop énervé. Je trouve aujourd'hui que c'est le seul qui argumente et qui n'esquive pas les questions». Michèle, elle, se dit un «peu influencée» par ses filles qui vont voter pour Ségolène Royal : «Je trouve qu'une femme dans cette campagne, c'est q
«Une femme, c'est courageux»
Réservé aux abonnés
Devant RTL, avant «les Grosses Têtes», les spectateurs se muent en électeurs.
Publié le 05/02/2007 à 5h51
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