Brest, porte Jean-Bart, quartier de Recouvrance. Il est 17 heures, c'est la débauche à l'Arsenal. Le P'tit bar est en face, avec son menu ouvrier à 10,50 euros. «Les gars ont en plus le quart de rouge et le café...» Gisèle et son mari tiennent la brasserie depuis dix ans : «On avait pas mal de gars de l'Arsenal, mais en face, leur cantine est à 3 euros... Aujourd'hui on bosse avec les gars du privé.» Le café se remplit doucement. Des habitués qui passent «boire une tasse» avant de rentrer à la maison. «Il n'y a pas si longtemps, l'Arsenal était le plus gros employeur du département», souligne Philippe, charpentier tôlier de métier, originaire d'Erquy dans les Côtes-d'Armor. Philippe est rentré en 1970 après avoir été formé «aux Capucins, l'école d'où sortaient les ouvriers d'Etat». Philippe, qui a toujours voté à gauche, n'attend plus rien : «Depuis une dizaine d'années, on ne construit plus grand-chose. On fait de la maintenance. On est abandonnés. C'est un métier qui a foutu le camp. On attend que ça ferme...» Son camarade Thierry, Ti Zef, pur Brestois, 46 ans, également charpentier tôlier, militant CGT, est tout aussi amer : «C'est tout sauf Sarko pour moi ! Ségo ? On aimerait l'entendre prendre position sur la fin de notre métier !» Ici, plus personne ne lit l'Huma. «On était très PCF à une époque...», dit Ti Zef. Loïc, 100 kilos, chemise à carreaux, est responsable «des transports» à l'Arsenal. Voix posée ma
«On était très PCF à une époque»
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Au P'tit Bar, à Brest, les ouvriers de l'Arsenal ne croient ni en l'avenir, ni en la gauche.
Publié le 12/02/2007 à 6h00
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