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Ces candidats qui prient un parrain

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Le système des 500 signatures obligatoires risque d'exclure certaines familles politiques. Exemples de réformes possibles.

Publié le 24/02/2007 à 6h18

De Gaulle avait le langage fleuri et l'analyse parfois pertinente : «Il faut bien éviter l'énergumène qui jettera le trouble.» Ainsi justifiait-il en 1962, lorsque fut instituée l'élection du président de la République au suffrage universel direct, la règle des parrainages des candidats à l'Elysée. Ceux-ci devaient en recueillir 100. En 1976, la barre a été portée à 500. Il y avait 6 candidats pour la présidentielle de 1965, et 16 pour celle de 2002.

Cette règle n'est-elle donc pas devenue obsolète ? Guy Carcassonne, constitutionnaliste et professeur de droit public à Paris-X-Nanterre, porte un jugement sans appel : «Le système des parrainages pour la candidature à l'élection présidentielle est mauvais. Ce n'est pas un jugement de valeur, simplement un constat : à chaque échéance sont présents des candidats qui n'atteignent même pas 0,5 % des suffrages exprimés tandis que, à l'opposé, des familles politiques significatives risquent de se trouver exclues.» Ainsi, Jean-Marie Le Pen a failli ne pas participer à l'édition de 2002 puisqu'il n'a rassemblé que... 533 sésames. Et il n'est pas acquis qu'il puisse entrer dans la course cette année (lire ci-dessous). A l'inverse, le candidat du Parti des travailleurs, le courant des trotskistes lambertistes, sans doute moins représentatif de la France d'il y a cinq ans que celui de Le Pen, a finalement pu concourir : il est vrai que Daniel Gluckstein avait fait de la lutte contre l'intercommunalité son cheval de batail

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