Objectif «très ambitieux». Voilà l'ennui avec certains experts : quand on leur commande un rapport, ils ne vont pas forcément dans le sens souhaité par l'ordonnateur. C'est ce qui s'est passé hier au ministère des Finances. Thierry Breton avait réclamé une étude sur le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu à partir du 1er janvier 2009, à Claude Bébéar, président du conseil de surveillance d'Axa, Raymond Viricelle, avocat général honoraire à la Cour de cassation, et François Auvigne, inspecteur des finances. Et les trois auteurs notent que ce prélèvement à la source, réforme d'importance, rencontre «peu d'enthousiasme». Car même si cette évolution est «un élément de modernité économique», selon les mots de Thierry Breton, il reste un nombre invraisemblable d'obstacles à surmonter. Par exemple, à quelles données auront accès les employeurs, chargés de faire la liaison avec l'administration fiscale ? Comment déclarer les revenus non issus du travail ? Ou ceux des indépendants ? Certes, une telle modification pourrait convenir aux cinq millions de foyers imposables qui subissent chaque année des variations de revenu et donc de leur impôt avec retard. Le rapport note aussi que «laretenue à la source permettrait de dégager un surplus de recettes fiscales de 2,5 milliards d'euros».
La semaine passée, le député socialiste Didier Migaud avait lui aussi rendu un rapport concernant la retenue à la source. Lui aussi voyait difficilement comme




