Ça commence par une citation de Céline «On peut très bien ne jamais aller voter, avoir tout de même son opinion» et ça finit par le géographe Elisée Reclus : «Voter, c'est abdiquer.» Entre les deux, c'est une suite de textes bizarres, fragmentés, parfois un peu allumés, mais souvent dans le bon sens. Ce qui donne des choses comme : «L'attente messianique qui grandit à l'approche de chaque élection politique d'importance repose sur les mêmes bases infantiles que l'opium du sauveur religieux.» (Cyril Loriot.) Ou encore, à propos du 22 avril 2007, «la soirée sera sans doute longue et répétitive, tirant en boucle les mêmes propos insignes, la même bataille de chiffres qui ne montrent jamais rien que le rien». (Jean-Clet Martin.)
Une trentaine d'écrivains et philosophes Alain Badiou, Bernard Stiegler, Michel Surya, François Cusset, Mehdi Belhaj Kacem, Bernard Sichère... publient un ouvrage collectif appelant à l'abstention. Curieusement, à l'intérieur, quelques textes se prononcent en faveur du vote. Mais l'intérêt principal du livre est d'offrir un bon échantillon de cette «pop philosophie» qui bouillonne depuis quelques années et dont l'un des chevaux de bataille est la récusation froide et réfléchie de l'évolution des démocraties représentatives. «Ce n'est pas parce que des candidats sont en concurrence qu'ils s'opposent les uns aux autres», affirme Alain Brossat. «On peut obtenir la démission d'un gouvernement, on peut faire pressi




