Ils se sont beaucoup fréquentés, pour souvent se quereller. Alors, lorsque Michel Rocard propose une alliance entre socialistes et centristes avant le premier tour de la présidentielle, c'est Jean-Pierre Chevènement qui a la critique la plus acérée. L'ex-Premier ministre, a-t-il dit hier, «est tombé du côté où il penchait depuis si longtemps». Le chantre de la «deuxième gauche», opposée à la première jacobine et étatiste, favorable à l'union avec les communistes, incarnée par François Mitterrand , n'en est pas à son coup d'essai.
«Ouverture». Premier ministre de Mitterrand en 1988, Rocard est chargé de mettre en oeuvre «l'ouverture» prônée par le chef de l'Etat lors de sa campagne présidentielle victorieuse. Faute de moyens et de stratégie claire, il échouera, et l'élargissement de la majorité socialiste se cantonnera à quelques débauchages individuels à droite.
Est-ce parce que cette tentative a avorté que Rocard essaie de la théoriser ? En février 1993, à Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire), un mois avant la déroute mémorable de la gauche aux législatives de mars, il propose un «big bang politique» qui se traduirait par un rassemblement des socialistes, des centristes sociaux, des écologistes réformateurs et des communistes rénovateurs.
Dans le contexte d'une défaite annoncée de la gauche, cette «rupture pour accomplir une renaissance» est indispensable, juge Rocard. Les réactions à droite seront fort mesurées, le centriste Jacques Barro




