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Libération

Pour les ouvriers des Ardennes, le changement, c'est Sarkozy

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Publié le 28/04/2007 à 7h28

Revin envoyée spéciale

Christian Deschamps essaie de garder le sourire. Depuis le balcon de sa petite maison coquette de Revin (Ardennes), il a une vue magnifique sur les courbes de la Meuse et sur ce qui était autrefois le coeur de sa ville : les usines. Vues d'en haut, elles sont mal en point. «Devant, il y a Arthur Martin, ils font des machines à laver. Ça marche, mais jusqu'à quand ?» détaille ce délégué CGT, fondeur, de l'usine jumelle, Porcher, le dernier fabriquant de baignoires en fonte «de luxe» français. Les toits de son usine sont rouillés. Le long de la voie ferrée, un bâtiment est en train d'être détruit. «Ça ne donne pas une bonne image de Revin.»

Stigmates. En mars, Ségolène Royal était venue visiter l'usine Porcher. Aujourd'hui, la fonderie est en vente et, à défaut de repreneur, pourrait fermer. Soixante-dix emplois sont menacés et le reste des salariés, qui fabriquent des éviers en céramique, pourrait suivre. Plus loin, un grand triangle de terre vient d'être retourné. Une caserne de pompiers devrait être construite à la place, là aussi, d'une fonderie. Plus loin, des stigmates de cités ouvrières. Mais plus de boulot. Et du coup, depuis des années, les Ardennes, terre «rouge», comme le dit Christian Deschamps, ont basculé vers le FN. En 2002, Le Pen y a réalisé un résultat record de 22,91 % des suffrages. Cette fois-ci, il en a tout de même recueilli 16,2 %, bien au-delà de son score dans le reste du pays. Dans le département, Nic

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