Des hommes de l'ombre comme la Ve République en a tant caché sous les ors de l'Elysée? Du tout! L'époque des conseillers occultes du président de la République n'est - officiellement - plus dans l'air du temps. Les Attali ou Juillet-Garraud, qui bâtissaient ou anéantissaient d'un trait de plume les carrières administratives ou politiques auraient vécu. De même, les personnages de grand réseau, tel le gaulliste Jacques Foccart ayant la haute main durant plusieurs décennies sur l'Afrique, ont disparu.
En réalité, seul le style a changé : les hommes du Président ont au moins autant de pouvoir que leurs prédécesseurs mais eux s'expriment ouvertement dans les médias. Sans fonction élective, ils sont en passe de devenir des familiers du grand public, qui commentent et mettent en scène l'action de leur patron, squeezent les annonces des ministres, rendent des arbitrages. Avec le soutien total de Nicolas Sarkozy, ils traitent certains membres du gouvernement comme de simples «collaborateurs» avec lesquels ils ne parlent pas toujours d'égal à égal.
Le problème, c'est que François Fillon ne l'entend pas de cette oreille. Pour exister, il se pose, non sans brutalité, en garant des réformes. A côté d'un Sarkozy dans la séduction, il est celui qui ne craint pas de déplaire. Il a ainsi rappelé l'exécutif à son engagement de réformer les régimes spéciaux de retraite et dénoncé ceux qui poussent le «ridicule» jusqu'à s'intéresser au «détail» de l'amendement ADN.




