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Libération
Interview

«Il existe un autre modèle face à l’argent et à la loi du plus fort»

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Martine Aubry, maire de Lille et candidate au poste de premier secrétaire.

Publié le 23/10/2008 à 6h51, mis à jour le 23/10/2008 à 6h51

La maire socialiste de Lille, Martine Aubry, revient sur les effets de la crise financière et s’explique sur les ressorts de la motion qu’elle présente en vue du congrès socialiste de Reims.

Avec le recul, comment jugez-vous les mesures prises par Nicolas Sarkozy sur la crise financière ?

Nous avons accompagné, avec responsabilité, le gouvernement à un moment de crise aiguë. Mais, malgré les promesses du chef de l’Etat, les garanties ne sont pas respectées. Ainsi, il n’y a aucune contrepartie pour l’Etat à l’apport de 10 milliards d’euros aux banques. Il ne reçoit ni actions ni rôle actif dans les conseils d’administration.

Fallait-il que l’Etat prenne une participation dans les banques ?

C’est ce qui avait été dit. Mais on préfère continuer à distribuer des bénéfices importants aux actionnaires. C’est à la fois immoral et totalement contraire aux engagements du président de la République.

La crise financière rend-elle caduc le projet de budget 2009 ?

Ce projet rajoute de la crise à la crise. Nous subissions déjà l’échec de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy, qui a été le meilleur élève de la classe libérale en baissant les impôts des plus riches et en faisant reculer les services publics et les protections collectives. Résultat : récession, baisse du pouvoir d’achat, augmentation du chômage. Nous allons également payer les effets de la crise financière. Et au lieu de réviser sa politique économique, le gouvernement persiste et signe en réduisant les trois postes qui auraient besoin d’être boostés.

Lesquels ?

Après avoir supprimé 100 000 emplois aidés en 2008, défiscalisé les heures supplémentaires à hauteur de 6 milliards d’euros - ce qui n’a pas incité les patrons à embaucher -, une nouvelle

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