Bonne nouvelle pour ceux que l'opposition désespère : la gauche est de retour. Du moins la gauche de la gauche. Il y a un peu plus d'un an, Libération titrait : «La gauche vire-t-elle à droite ?» C'était au lendemain de la présidentielle et de la défaite de Ségolène Royal. C'était bien avant la crise financière et avant que Nicolas Sarkozy découvre les bienfaits d'un Etat régulateur. Autant dire un siècle.
Comme en 2005 et 2007, Libération publie un sondage sur l'identité de la gauche et une cartographie de ses familles (lire page 3).Effectuée après la faillite spectaculaire de la banque américaine Lehman Brothers, pendant le grand krach boursier mais avant la publication des tentatives de plans de sauvetage de la planète finance et l'actuelle déprime, notre enquête montre que les valeurs de la gauche anticapitaliste, son idéologie et ses mots ont le vent en poupe. Il y a un an, cette famille (incarnée, entre autres, par Olivier Besancenot, Marie-George Buffet et José Bové) ne représentait que 15 % de la gauche dans son ensemble. Aujourd'hui, elle grimpe à 25 %. Au détriment de la famille, des libéraux autoritaires, représentée par Ségolène Royal qui ne pèse plus que 24 %, contre 35 % en août 2007. La gauche radicale fait cependant jeu égal avec la gauche sociale-républicaine (24 %, sans changement) et est devancée de peu par la gauche sociale-démocrate (27%, + 1 point).
La gauche anticapitaliste
La famille la plus radicalisée s’appuie su une idéologie ancrée




