Parfois, les philosophes deviennent papes. Serait-ce une bonne chose qu’ils soient rois, comme le voulait Platon, lequel pensait que leur sagesse et leur savoir assureraient le meilleur gouvernement de la Cité ? L’histoire offre trop peu d’exemples pour qu’on puisse en juger. Mais serait-il bon que les rois soient philosophes ? On en rêve quand, absorbés par les querelles de personnes et les jeux d’influence, les combinazioni, les manigances et les alliances, ceux qui nous gouvernent abandonnent le terrain des idéaux, des «visions du monde», des conceptions de la justice ou de la liberté. On en rêve quand les locataires d’une «petite maison dans la prairie» sise rue Solférino se battent à coups de motions et laissent voir à tous que la seule question qui compte est de savoir «qui prendra le parti» - et ce à l’heure où le libéralisme économique, sinon le capitalisme, connaît sa plus grande crise. Nul, plus que le Parti socialiste n’apparaît aussi pauvre en «théorie», en philosophie politique. Les aspirants rois sont nus.
Aujourd'hui, Libération ouvre ses pages aux philosophes. A les lire, on s'apercevra qu'ils sont loin de résider dans les hautes sphères de l'inactuel et que le temps long de la pensée est parfois nécessaire pour saisir ce qui, dans le temps pressé de l'actualité, perdure et fait sens. A la veille du congrès de Reims, l'occasion était tentante de leur demander ce qu'ils attendent du PS.
Et de rappeler que la pensée n’est pas un stock d’idées où l’on pio




