Denis Muzet détaille les sentiments des personnes interrogées par l'Institut Médiascopie qu'il préside (1). Et explique pourquoi ses «panélistes» jugent l'année à venir comme «une annus horribilis».
Comment les personnes de votre panel abordent-elles l’année 2009 ?
Nous sommes dans une situation assez confuse. Prenons l’affaire Madoff : elle est vécue par les Français comme une nouvelle tuile qui leur tombe dessus. Car s’il a réussi à rouler les plus grandes fortunes, les petits épargnants, qui désespèrent déjà des banques, se disent qu’ils vont être atteints dans leurs Sicav. Et du coup, le système leur paraît plus pourri que jamais. Les classes moyennes sont les plus touchées. Autant en bas de l’échelle sociale, on vit avec l’habitude des restrictions, et en haut de l’échelle, sans peur du lendemain, autant les classes moyennes ont le sentiment d’être fortement affectées.
N’est-ce pas qu’un sentiment ?
Non, elles l’éprouvent déjà dans leur pouvoir d’achat et, en plus, elles sont atteintes mentalement par le discours ambiant pessimiste. Ce qui entraîne une peur de l’avenir.
Justement, qu’en est-il du futur immédiat ?
Dans ce contexte, les gens abordent les fêtes de fin d’année avec un certain optimisme : la famille est une valeur refuge. On va quand même faire la fête, sans folie, mais dans la chaleur humaine et la solidarité. On ne nous volera pas ces fêtes.
Et pour l’après ?
L'année 2009 est déjà mentalement une annus horribilis. Les gens que nous interrogeons ne font pas de projets. C'est no future. A chaque jour suffit sa peine. 2009 est un grand trou noir.
Pourquoi cette angoisse ?
Outre la crise, l’inquiétude est liée aux réformes. En




