Menu
Libération
Analyse

Femme libérée, trop libérale…

Réservé aux abonnés

Par son choix, Rachida Dati incarne un idéal de performance qui n’est plus dans l’air du temps.

Publié le 10/01/2009 à 6h51, mis à jour le 10/01/2009 à 6h51

A l’heure de jouer la madone à l’enfant, Rachida Dati a réenfilé, avec joie, sa panoplie de guerrière sur stilettos. «ça se fait pas!» jasent certain(e)s, comme si cette reprise précoce était synonyme d’abandon d’enfant, tandis que d’autres habillent leur réprobation d’arguments politiques. Et principalement, celui-çi: la mère pressée de retourner à son ministère serait la fossoyeuse d’un acquis du féminisme, le congé maternité, alors qu’elle devrait donner l’exemple. On savait qu’il s’agissait d’un droit précieux, pas d’une obligation… Seize semaines et pas un jour de moins! Et tant pis si la ronde politique n’attend pas Dati.

La cause des femmes ne gagne rien à demander aux siennes d’être les gardiennes du temple tandis que les grands prêtres continuent à dire la loi. Il y a plutôt matière à se réjouir de voir s’installer dans le paysage politique des femmes qui assument leur goût pour le pouvoir… ou préfère-t-on continuer à pleurnicher sur le chemin sinueux de la parité en politique? Ségolène Royal et Rachida Dati ont en commun de n’avoir pas d’inhibition face à leurs ambitions, de ne rien sacrifier à leur féminité et de gérer à leur guise les différentes facettes de leur vie. Toutes deux au gouvernement et jeunes accouchées ont provoqué le même barouf.

Vœux. Sauf à vouloir changer de vocation, Rachida Dati avait de bonnes raisons de vouloir être rapidement à son poste. Elle est, on le sait, fragilisée depuis que son saint patron, Nicolas Sarkozy, la tient

Dans la même rubrique