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Interview

«On assume une part d'utopie car la gauche ne nous fait plus rêver»

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Olivier Besancenot revient sur la vocation du NPA, qui succédera vendredi à la LCR.

Le congrès fondateur du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) animé par Oliver Besancenot est repoussé au début février pour permettre aux militants de participer à la grève et aux manifestations du 29 janvier. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau (Reuters)
Publié le 05/02/2009 à 6h51, mis à jour le 05/02/2009 à 6h51

À l’ouverture du congrès qui enterre aujourd’hui la Ligue communiste révolutionnaire pour faire naître le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste), Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, explique les objectifs de sa nouvelle formation.

Qu’attendez-vous de l’intervention télévisée, ce soir, de Nicolas Sarkozy ?

Nicolas Sarkozy défend les intérêts de sa classe. Ses plans de relance concernent 7 % de privilégiés alors qu’il a été élu par 53 % de la population. Ses mesures injustes accélèrent trente ans de politique libérale, pourtant à l’origine de la crise économique ! Mais le piège serait de se focaliser sur le style Sarkozy. C’est le pouvoir politique tout entier qui se durcit. Depuis plusieurs mois, il criminalise le mouvement social, réprime à tour de bras. Ce qui inquiète le gouvernement, c’est que la crise économique du capitalisme ne se traduit pas par un abattement généralisé. D’où sa volte-face sur la réforme des lycées, par peur du syndrome grec, de l’embrasement de la jeunesse. Il y a un climat de mobilisation sociale et le mouvement 29 janvier, extrêmement massif, appelle à des suites.

Vous allez enterrer aujourd’hui la LCR. A quoi servira le NPA ?

On propose de faire un pôle anticapitaliste par le bas. La gauche radicale, depuis plus de dix-sept ans, a cherché à se fédérer par en haut pour faire un cartel unitaire d’organisations existantes, comme l’hypothétique candidature unitaire à la présidentielle après le référendum de 2005. A chaque tentative, l’histoire des uns et des autres a parasité la dynamique de rassemblement. On a conscience de ne pas être le nouvel horizon politique indépassable et, pour

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