Les uns sont mobiles, organisés et obéissent à des mots d’ordre. Les autres sont masqués, livrés à eux-mêmes, enclavés dans leur quartier et agissent à l’instinct. Tous sont jeunes et ont en commun une même détermination. Il était un peu plus de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, quand des coups de feu ont claqué, cité Henri-IV, dans le quartier Chanzy de Pointe-à-Pitre. Le syndicaliste de la CGTG Jacques Bino rentrait d’un meeting au palais de la Mutualité, QG du LKP, et tentait de franchir un barrage. Il est mort sur le coup. Les secours ont mis deux heures à pouvoir intervenir, alors que la police essuyait d’autres tirs. Selon le procureur, Jean-Michel Prêtre, c’est la troisième balle tirée sur le véhicule qui a été mortelle. Une version officielle mise en doute hier par Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG et membre du LKP.
L’émotion a submergé l’archipel et Elie Domota, chef de file du LKP, a lancé un appel au calme sans pour autant relâcher la mobilisation. Alors que les barrages et heurts violents se poursuivaient hier et qu’une nouvelle nuit chaude était attendue, le collectif à l’origine de la grève va pouvoir mesurer s’il est toujours écouté par une jeunesse hétéroclite. Il avait su la contenir jusqu’au début des affrontements, mais d’aucuns lui reprochent ici, comme à Paris, de l’instrumentaliser via ses cadres syndicaux rompus aux violents conflits sociaux.
«Dangereux».Lui s'appelle Bak. Enfin, c'est son surnom, sur les barrage




