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Libération
EDITORIAL

Casquettes

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Publié le 24/02/2009 à 6h51, mis à jour le 24/02/2009 à 6h51

Le mélange des genres. C’est bien là le nœud de l’affaire Kouchner. Quoi que l’on pense du livre de Pierre Péan, l’enquête que nous publions confirme que pendant longtemps, trop longtemps, l’actuel ministre des Affaires étrangères a porté les deux casquettes, publique et privée, dans ses relations africaines. Diplomate-consultant, consultant-diplomate, professeur, le conflit d’intérêt est bien là et il est difficile de le dissiper. Personne ne remet en cause la carrière humanitaire du «French doctor», mais c’est justement parce que Bernard Kouchner a toujours bénéficié de cette caution morale qu’il est légitime de se poser ces questions aujourd’hui. Quand on passe un peu de temps au 130, boulevard Saint-Germain, le siège des sociétés pour lesquelles Kouchner livrait ses activités de conseil, on trouve toujours les mêmes hommes, qui articulent de drôles de réseaux, et réalisent de drôles de rapports, pour des sommes considérables versées par des despotes africains. Dans le cas du Gabon, il apparaît que le travail fourni n’a eu aucune incidence sur la mise en place d’une caisse d’assurance maladie - qui par ailleurs ne fonctionne pas, comme s’était défendu Bernard Kouchner sur France 2. La fermeture annoncée des trois sociétés mises en cause ne suffira en rien à clore le chapitre. Il serait bon que la France tourne la page de la Françafrique, comme le souhaite si vivement Nicolas Sarkozy. Mais pour cela, il faudrait aussi un minimum de transparence sur les activités de certain

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