La terre picarde, qui a vu passer pas mal d’envahisseurs depuis quatre siècles, ne s’attendait vraisemblablement pas à se faire anéantir par un obus tiré depuis Paris. Le rapport Balladur pourrait conduire en effet à la fin de cette région en dispersant ses trois départements : l’Oise serait rattachée à l’Ile-de-France, la Somme au Nord-Pas-de-Calais et l’Aisne à Champagne-Ardennes. Ce serait alors la fin de la Picardie. Mais la fin de quoi au juste ? Existe-t-il une vraie identité picarde ? Il semble que oui.
Une histoire «colérique»
«Réveillez-vous, Picards, Picards et Bourguignons ! / Et trouvez la manière d'avoir de bons bâtons, / Car voici le printemps et aussi la saison / Pour aller à la guerre donner des horions», exige une chanson de 1480. Car à l'époque, déjà, on faisait des misères à la Picardie : la région (ainsi que l'Artois et la Franche-Comté) venait de passer sous le contrôle de l'archiduc et empereur Maximilien d'Autriche.
A défaut de «bons bâtons», les habitants de la région s'équipaient plus volontiers de piques, d'où leur nom de Picards, selon des sources qui font remonter cette appellation au XIIe siècle. D'autres voient dans les Picards des «piocheurs», c'est-à-dire des agriculteurs, en arguant de documents de 1248. La Picardie actuelle correspond approximativement à la Picardie historique - Somme, nord de l'Oise et nord de l'Aisne - avec des ajouts de Champagne et d'Ile-de-France. Le sud de l'Oise et le Soisson




