A quinze jours des élections européennes, François Bayrou, président du Modem, dénonce «les attitudes de compères» du PS et de l'UMP. Tout en rappelant que «la présidentielle est la seule élection qui peut vraiment changer les choses».
Quel est l’enjeu, pour vous, de ce scrutin européen ?
Il n’y a dans cette élection qu’un seul enjeu : notre modèle de société. La réponse dépend en même temps de choix nationaux, faits en France, par les gouvernants, et des décisions prises dans le cadre européen. L’un ne va pas sans l’autre. J’assume donc de parler France et Europe en même temps. Et je combats toute personne qui veut déraciner l’Europe de la France.
Et quels sont vos objectifs ?
Nous en avons deux. D’abord, que s’impose une vision dynamique et exigeante de l’Union européenne. Nous ne devons pas accepter la stagnation dans laquelle nous nous trouvons, où chacun tire la couverture à lui. L’Europe, c’est une démarche coopérative associant des pays et des peuples. Et cette démarche doit se faire autour d’un projet de société, pas d’un marché. Deuxièmement, cette Europe doit devenir l’affaire des citoyens et pas seulement de quelques initiés. Pour cela, j’ai proposé deux choses. Qu’aucune décision européenne ne puisse être prise sans un débat préalable, lancé publiquement au moins trois mois à l’avance. Et que toute délibération impliquant les gouvernements soit rendue publique, pour qu’on ne puisse plus dire à Paris «c’est la faute à Bruxelles», alors que le gouvernement a toujours donné son accord.
Pourquoi essayez-vous à tout prix de vous démarquer du PS et de l’UMP ?
L’UMP et le PS, leurs équivalents européens, le




