Les anciens connaissent déjà la chanson. 11 heures, hier, à l'Elysée : pour le premier Conseil de son gouvernement remanié, Nicolas Sarkozy sert aux petits nouveaux le même sermon qu'en 2007. Le chef de l'Etat demande à ses ministres de faire preuve «d'audace réformatrice», il les invite aussi à «être solidaires et à jouer collectif». Les nouvelles recrues sont priées de se méfier des tentations médiatiques, surtout sur les sujets qu'ils ne maîtrisent pas encore. Et Sarkozy de conclure sur cette double injonction : «Soyez politique, soyez heureux.» Avant de gravir le perron de l'Elysée, beaucoup avaient déjà bouclé leur cérémonie de passation de pouvoir.
10 heures. Ça commence mal. A l'Outre-Mer, on joue Fraîcheur sous les tropiques. Entre Yves Jégo et Marie-Luce Penchard. Sorti sous les applaudissements du personnel, Jégo quitte le ministère sans un mot au volant d'une voiture, son épouse à ses côtés. Le délégué interministériel Patrick Karam a tourné ostensiblement les talons peu avant l'arrivée de Penchard. Dans l'entourage de Jégo, la colère déborde : «Guéant ne lui a annoncé qu'il était viré que mardi à 19 h 41. Les békés voulaient sa peau, ils l'ont eue. C'est une victoire du pouvoir de l'argent.»
10 h 15. Frédéric Mitterrand prend possession de son nouveau bureau, rue de Valois. Le neveu de l'ex-président socialiste s'excuse d'avoir annoncé par avance sa nomination au ministère de la Culture,




