Arnaud Montebourg avance à petits pas. Et le député socialiste a sans doute raison lorsqu'il clame qu'«un consensus» est en train de naître au PS autour de son «bébé», les primaires pour désigner le prochain candidat socialiste à l'Elysée. Jusque-là fort réticent à cette idée, Laurent Fabius a admis, hier, le caractère inéluctable du projet porté par le député de Saône-et-Loire : «Je pense, qu'on y soit favorable ou pas, que les primaires sont devenues inévitables», a déclaré sur Europe 1, l'ancien Premier ministre. Sans, visiblement, sauter de joie.
Autre responsable circonspect sur cette innovation, Bertrand Delanoë a abandonné ses réserves, estimant samedi sur RTL que les primaires étaient «un élément possible de notre rénovation. Je suis pour». Reste un récalcitrant, François Hollande. Son représentant à la commission sur les primaires, qui a rendu son rapport en juin, s'inquiétait «des conséquences sur la nature, le devenir de notre parti, sur la place et le rôle des militants».
A froid. Hier, Laurent Fabius s'est fait l'écho de réserves similaires. Selon lui, alors que jusqu'à présent «le parti contribu[ait] à fabriquer l'opinion», le risque est désormais que «l'opinion [fasse] le parti», le transformant ainsi en un parti de supporteurs et non plus de militants. Mais surtout, Laurent Fabius s'est interrogé sur le périmètre des primaires. Ouvertes, comme tout le monde socialiste le souhaite, aux milita




