La France n’a pas le monopole des contradictions mais elle s’est toujours montrée particulièrement performante sur ce registre : ce qui se passe avec la taxe carbone en constitue une nouvelle, éloquente et absurde démonstration. Voilà un sujet sur lequel au départ régnait un inhabituel consensus. Tout le monde ou presque considère que les changements climatiques et le réchauffement de la planète représentent une menace sérieuse.
Chacun ou presque admet donc qu'il est urgent de limiter la consommation d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), grosses productrices de CO2. Tous ou presque reconnaissent que l'exhortation et la prédication ne suffiront pas, qu'il faut donc une incitation financière directe et spécifique à s'autolimiter, sous condition que simultanément soient mises en place des solutions alternatives.
C’était le sens du pacte que Nicolas Hulot avait fait signer aux candidats à l’élection présidentielle de 2007 et notamment aux trois arrivés en tête. C’était aussi l’un des engagements du Grenelle de l’environnement. Tout semblait donc aller pour le mieux. Un large accord existait pour que la France, premier des pays du G 20 à le faire, donne l’exemple et ouvre la voie sur ce sujet, comme la Suède a déjà su le faire. A quelques mois du fameux sommet de Copenhague, le signal aurait été fort et la posture avantageuse. C’était trop beau.
L’arc-en-ciel se teintait soudain de vert, les Français interrogés manifestaient leur sympathie, la patrie des querelles




