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Calais, le coup d’éclat qui cache la forêt

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L’évacuation des campements d’exilés dans la «jungle» laisse entier le problème des migrants en France.

Un buldozer détruit les abris des migrants après l'évacuation de la "jungle" de Calais par la police le 22 septembre 2009. (AFP Denis Charlet)
ParCatherine Coroller
Jean Quatremer
BRUXELLES (UE), de notre correspondant
Publié le 23/09/2009 à 0h00

Et maintenant ? Certes, la «jungle» de Calais est «nettoyée». Du principal campement sauvage du nord de la France où survivaient, dans des conditions précaires, des exilés essentiellement afghans, attendant un hypothétique passage en Angleterre, ne reste quasiment plus rien. L'opération, ultramédiatisée, a été menée hier à l'aube, en deux heures, par quelque 500 policiers dont Eric Besson a salué la «délicatesse». 276 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés, dont 135 «se déclarant mineurs», ainsi qu'un militant .

La méthode bessoN. L'opération a été planifiée avec soin. Début mai, le point d'information sur le droit d'asile ouvert à la sous-préfecture de Calais avait enregistré 137 demandes. En juin, deux autres points d'information ont été mis en place par le Haut-commissariat aux réfugiés et France Terre d'Asile. A la gestion individuelle des cas, Besson a préféré le Kärcher. Que va-t-il se passer désormais ? «Les mineurs isolés sont en cours de placement dans cinq centres d'hébergement spécialisés», a dit le ministre. Les adultes«ont été conduits dans six locaux de la région où ils vont être entendus. […] Les majeurs refusant toutes nos propositions seront placés en centres de rétention». Il y a quelques jours, Besson précisait ce que pourraient être ces propositions : «retour volontaire»au pays d'origine, demande d'asile ou expulsion.«Si la situation en Afghanistan ne le permet pas,

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