Corbeil-Essonnes à l’aube d’un nouveau règne ? Dimanche, ses habitants sont appelés à voter, au premier tour, pour élire un nouveau maire. Depuis 1995, le milliardaire avionneur Serge Dassault (RPR puis UMP) tient les rênes de la ville. Une municipalité qu’il s’est toujours enorgueilli d’avoir ravie aux communistes, même s’il lui a fallu quatre tentatives. Depuis, la prise de la municipalité est un drame avec son lot de coups bas, de stratégies alambiquées, de fidélités déçues.
Aujourd'hui, le vieux roi Dassault est isolé, presque à terre. Sa chute a débuté le 8 juin. Ce jour-là, le Conseil d'Etat a annulé les municipales de 2008 et l'a déclaré inéligible pendant un an. C'est Bruno Piriou, principal opposant (PCF) de Dassault depuis 1995, qui lui a donné le coup de grâce. Il a amené les preuves au Conseil d'Etat. Ainsi, une femme qui affirme, selon un témoignage retenu par la haute juridiction, «avoir vu, le jeudi 13 mars 2008, M. Serge Dassault placer un billet directement dans le porte-monnaie d'une personne âgée faisant ses courses au marché»… Bruno Piriou rapporte aussi cinq témoignages écrits de jeunes affirmant avoir reçu des enveloppes destinées à faire voter Dassault dans les cités. Mais ces jeunes ne se présentent pas au Conseil d'Etat. Pour le communiste, ils ont subi des pressions. Qu'importe, l'essentiel est là. Le Conseil d'Etat considère donc que«divers éléments établissaient l'existence de dons d'argent d'une ampleur significative, de la part du ma




