Sexe et politique, des liaisons dangereuses. La vie privée supposée d’un ministre rattrape l’homme public. Ces interférences entre l’intime et le politique n’ont rien de neuf. Remontons le temps et parcourons ces affaires célèbres.
Commençons par Rome : en l'an 8 de notre ère, l'empereur Auguste exile successivement, pour adultère(s), sa fille Julia et sa petite-fille, Julia itou, ainsi que le poète Ovide, auteur d'un fort licencieux Art d'aimer, qui ébouriffa censeurs sentencieux et matrones outrées. Ovide a peut-être pâti de son faible pour la fille de l'empereur. Quoi qu'il en soit, le très pudibond Auguste ne tolère pas d'incartades de la part de membres de sa famille ; la sexualité des Julia contrevient au projet augustéen de réforme de la cité romaine, ainsi qu'à la norme désormais promue : une monogamie stricte et, si possible, procréatrice, norme illustrée par le couple impérial lui-même.
Ménage à trois. La sexualité des hommes ou femmes politiques peut également servir de prétexte à leur nuire. L'exemple paradigmatique en est l'affaire Clinton-Lewinski : dans ce cas, la sexualité du Président lui-même contrevient à la norme et se trouve érigée en affaire d'Etat par une opposition républicaine en mal d'arguments. Dans l'Angleterre des années 60, c'est un ministre conservateur, John Profumo, qui avait souffert de ses frasques extraconjugales. Il eut le mauvais goût de s'enticher d'une call-girl qui, par ailleurs, badinait avec un agent russe. I




