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tribune

Le piège du prince impérial

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ParAlain Duhamel
journaliste
Publié le 22/10/2009 à 0h00

Le conseil général des Hauts-de- Seine votera demain pour désigner l’un des siens comme administrateur de l’Epad. Compte tenu du rapport des forces, le résultat ne fait pas de doute : Jean Sarkozy, benjamin du conseil général, deviendra administrateur de l’Epad et, le 4 décembre, sera élu président de cet établissement public. A ce moment-là, le piège du prince impérial se refermera sur lui-même et sur son père, d’autant plus que la présidence de l’Epad, venant après la présidence du groupe majoritaire au sein du conseil général, prépare aussi l’accession de Jean Sarkozy à la tête de ce conseil en 2011, un an tout juste avant l’élection présidentielle. Si Nicolas et Jean Sarkozy avaient décidé de rendre plus difficile la réélection du premier à la tête de l’Etat, ils ne s’y seraient pas pris autrement.

Les Français se sont habitués à ce que, sous la Ve République, le président devienne un souverain élu. Leur tolérance à l'égard du consulat républicain n'efface pas pour autant leur culture foncièrement égalitariste. La promotion spectaculairement précoce d'un fils du président à des fonctions déjà éminentes ne peut que les irriter. Dans la Constitution, il n'y a pas de place pour un prince impérial. Le pari de Jean Sarkozy risque de coûter cher à Nicolas Sarkozy.

Ce n’est pas qu’il y ait quoi que ce soit d’illégal dans cette cascade d’élections. Jean Sarkozy a été élu le plus régulièrement du monde conseiller général de Neuilly-sur- Seine. Ce n’était pas une prouesse

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