Menu
Libération
Analyse

Un parti en mal de conviction

Réservé aux abonnés

La désaffection du Parti socialiste illustre son incapacité historique à recruter largement.

Publié le 23/11/2009 à 0h00

Le PS peut-il devenir un jour le grand parti de masse qu’il a toujours rêvé d’être ? Entre les querelles de courant et même à l’intérieur des courants (Peillon-Royal), les frustrations des élus qui ne se sentent pas soutenus par la rue de Solférino et les coups de boutoir d’un Sarkozy et de ses lieutenants prompts à dénoncer les ringardises de l’appareil socialiste, la voie du renouveau semble étroite.

Mais le plus grave est le découragement des militants. On peut y voir un symptôme clinique de l’état de délabrement actuel. S’en tenir à ce diagnostic serait passer à côté d’une question autrement plus importante, celle de l’engagement politique. L’adhésion à 20 euros initiée par le PS un an avant l’élection présidentielle de 2007 était peut-être une fausse bonne idée. Elle avait au moins le mérite de bousculer les habitudes.

D'où vient cette incapacité chronique du Parti socialiste à recruter et surtout à conserver des adhérents, alors que les électeurs lui gardent sa confiance dans les scrutins locaux, comme aux municipales de mars 2008 ? Il s'accroche à un modèle de parti de masse qui n'a en réalité jamais vraiment existé en France. «Les partis ouvriers à la fin du XIXe siècle, opposent la force du nombre à celle du nom, celui des notables locaux», rappelle l'universitaire Remi Lefebvre dans une tribune publiée par Mediapart.

Le Parti communiste français, de 1947 au début des années 70, avait pourtant presque réussi à devenir un parti de masse, s’appuyant s

Dans la même rubrique