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Libération

Et si l’intégration réussissait ?

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Publié le 10/12/2009 à 0h00

Le débat sur l’identité nationale a été lancé au mauvais moment, au mauvais endroit et par la mauvaise personne. L’ouvrir au cœur de la crise économique donc sociale la plus grave depuis les années 1930, de surcroît au début d’une campagne électorale, c’était la certitude de provoquer plus de dérapages que de réflexion. Cela n’a pas manqué et, comme prévu, Marine Le Pen s’est distinguée par la violence de son poujadisme héréditaire. Organiser les débats sous l’égide des préfets et des sous-préfets, c’était pasticher sottement la période autoritaire du Second Empire. Quant à confier à Eric Besson le soin de piloter l’opération, c’était l’assurance que la gauche serait vent debout et boycotterait le débat. Toutes les conditions étaient donc rassemblées pour qu’un débat intelligent n’ait pas lieu.

Faut-il nier pour autant qu’un débat sur l’identité française soit légitime et, s’il avait été bien mené, utile ? Faut-il, contre toute évidence, refuser le fait que la question de l’immigration s’invite dans toute discussion sur l’identité ? Comment serait-ce possible, puisque l’immigration a toujours fait partie de l’histoire de l’identité française et qu’elle en représente une dimension permanente et, contrairement aux clichés, féconde, voire privilégiée ? Que les Français s’interrogent sur leur identité, le paradoxe serait qu’il ne le fasse pas, alors qu’en un gros demi-siècle leur nation a connu plus de métamorphoses qu’en quelques centaines d’années.

Il y a cinquante ans, la Franc

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