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Libération

Un appétit d’ogre

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Publié le 08/01/2010 à 0h00

Il rentrait tout juste d’une cure d’amaigrissement en Tunisie. Une de plus, qui le faisait fondre en un clin d’œil… avant qu’il ne regagne en quelques semaines jusqu’à 30 kilos supplémentaires. Son appétit de Pantagruel était légendaire. Philippe Séguin ne mangeait pas, il bâfrait. Partager un repas avec lui relevait tout autant de la réjouissance que du cauchemar. Sauceur de plats gras, il n’hésitait pas à piquer dans l’assiette du voisin si ses commandes arrivaient après la vôtre. Dans les dîners d’après meetings, il dévorait tout sur une table. Là, dans son coin, on entendait sa voix uniquement pour vous demander un plat ou une bouteille trop éloignés de lui.

Avec ses cravates discrètement siglées RPR et ses pantalons parfois un peu courts sur chaussettes blanches, Séguin était assez porté sur l’apéritif lors de ses campagnes électorales. Cigarettes au bec (Gitane sans filtre, parfois des blondes), il enquillait ballons de rouge, bières et surtout whisky, son péché mignon. Dès le matin, il vous en versait un plein verre lors d’un rendez-vous, en parlant foot, puis politique. Fan absolu de sport et de cinéma, il passait des heures, des journées même, devant la télévision sans jamais pratiquer la moindre activité physique. Habitué des restaurants tunisiens de couscous, il affectionnait aussi tout particulièrement les cuisines niçoise et italienne. Il repliait en deux, avant de les avaler, les parts des pizzas XXL qu’il lui arrivait de se faire livrer. Au restaurant la Boule

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