Pour tous ces Français qu'il avait su séduire comme pour ses partisans convaincus, l'heure est à la désillusion, à la lassitude. Nicolas Sarkozy, président autoproclamé de «la rupture», s'est installé dans la routine élyséenne qu'il pourfendait. Il ne surprend plus. N'imprime plus le tempo des débats. Il est dans l'autojustification permanente. Pour se monter, tout compte fait, très content de lui. Il parle à tort et à travers, comme durant ce trop long mois de vœux, mais sans être entendu. Nouveauté, le voilà qui commet de grossières erreurs (Jean Sarkozy à l'Epad, la double casquette de Proglio). Et met des jours à les admettre avant de les corriger quand les dégâts politiques semblent irréversibles.
Nuages. A gauche, on se frotte les mains en espérant capitaliser lors du scrutin régional de mars. Impensable il y a encore quelques mois, une victoire à la présidentielle de 2012 n'est plus exclue dans l'esprit des socialistes. A droite, il y a comme une grosse envie de fronde. La force de Nicolas Sarkozy, c'est de gagner les élections. La victoire aux européennes de juin 2009 lui a permis de faire taire les grognons et de rasseoir sa suprématie. Mais qu'il perde ou faiblisse lors des régionales et d'épais nuages se formeront au-dessus de la majorité. Elle est d'ailleurs plus morcelée que jamais: le Nouveau Centre cherche à s'émanciper, les chapelles disparues se reforment au sein de l'UMP, les électrons libres (Raffarin, Juppé, Copé…) donnent de la v




