En faut-il de la haine pour imaginer un scénario aussi pervers. Pendant une demi-journée et une nuit, Nicolas Sarkozy a laissé entendre à Dominique de Villepin qu'il allait enterrer leur vieille querelle. Il l'a joué zen, a affiché sa clémence en indiquant qu'il était «satisfait» par la décision du tribunal. Et puis, vendredi matin, surprise !, Jean-Claude Marin, le procureur de Paris, est envoyé sur Europe 1 annoncer qu'il y aura bien appel. Et transmettre un message clair : l'Elysée sera toujours là pour pourrir la vie de l'ancien Premier ministre Villepin, au risque de diviser sa majorité et d'apparaître comme un revanchard. Mais pour le Président, le cas Dominique de Villepin a aujourd'hui quitté le champ du rationnel.
Aristocrate. Par le passé, Sarkozy n'a pas toujours eu des sentiments aussi violents. A plusieurs reprises, il a même exprimé publiquement de l'admiration pour son adversaire d'aujourd'hui. Il y a dix ans, dans son ouvrage Libre, il rendait «hommage» à la «volonté de rassemblement» de celui qui était alors secrétaire général de l'Elysée. En 1997, Villepin, s'était fait l'avocat auprès de Chirac d'une réconciliation avec le «traître» Sarkozy afin de profiter de l'énergie de l'ancien balladurien pour redresser le RPR, et assurer la réélection de son président. En remerciement, Sarkozy dresse un portrait élogieux de son protecteur du moment. Evoquant son «panache», il parle d'un «guerri




