Menu
Libération

Robert Pandraud passe la matraque à gauche

Réservé aux abonnés

Disparition . L’ancien bras droit de Pasqua à l’Intérieur, connu pour sa politique répressive et son verbe musclé, est mort hier à 81 ans.

Robert Pandraud le 18 mars 1988 (REUTERS)
Publié le 19/02/2010 à 0h00

Grand amateur de pipe, Robert Pandraud a cassé la sienne hier, à 81 ans. La droite sécuritaire pleure l'un des siens. Mais pas seulement elle. Le gaulliste tendance sociale François Fillon y est aussi allé de son hommage à ce défunt compagnon haut en couleur : «Pour lui, la sécurité était la première des libertés ; l'ordre public n'était pas, à ses yeux, dissociable de la fraternité. Au sein du RPR et de l'UMP, Robert Pandraud incarnait une certaine idée de l'autorité républicaine.» Cette «autorité» s'est principalement exercée lors de la première cohabitation (1986-1988), quand Pandraud fut nommé ministre délégué à la Sécurité.

Avec son ministre de tutelle à l'Intérieur, Charles Pasqua, ils forment alors un duo au verbe musclé et à la matraque agile. Certes, ceux que l'on surnomme à l'époque les Dupond(t) doivent affronter une vague d'attentats meurtriers proche-orientaux et des assassinats ciblés d'Action directe (AD). Pandraud se rend alors célèbre en affirmant, avec son accent de la Haute-Loire, vouloir «terroriser les terroristes».

C'est sous son autorité que le noyau dur du groupe armé français sera arrêté et que les réseaux terroristes du Proche-Orient seront démantelés. Mais pour des centaines de milliers d'étudiants des années 80, Robert Pandraud restera l'homme de la répression des grandes manifestations anti-lois Devaquet. Celui qui dira à propos de Malik Oussekine, 22 ans, rossé à mort par les matraques des voltigeurs, le 6 décembre 1986, rue Mons

Dans la même rubrique