«Pourquoi j'ai voté FN ? Suffit de regarder par la fenêtre.» Le costaud en noir est accoudé au comptoir du Café de la Paix. Par la fenêtre, rien, à part la gigantesque église d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et un parking bondé de voitures. «Sur la place, là, il y a dix gitans, assure l'homme. Les gens en ont plein le cul de la gauche qui n'a jamais rien fait.» Son copain «depuis trente ans» renchérit : «Avant, je travaillais dans une société de recouvrement, je ne croisais que des surendettés, des malheureux. Ils gagnent 600 euros par mois, ils n'arrivent pas à vivre. Il n'y a pas de pognon, ici. La gauche n'a jamais rien fait pour eux, et ils votent Le Pen.» Il prend son pote par le cou : «Nous deux, on votera plus jamais Sarkozy. Il s'est foutu du monde.» Le gars en noir : «On a eu Mitterrand quatorze ans, Chirac douze ans. Maintenant, le nain, t'as compris.» Une voix, dans le fond du bistrot : «Le Pen, c'est un raciste !»
A Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen est conseillère municipale, le vote FN a grimpé à 39% dimanche. La fille du leader frontiste a fait jusqu’à 48% aux municipales. Elle a aussi fait fort dans les autres villes de l’ancien bassin minier, 28% à Oignies, 25% à Sallaumines. Et 30% à Noyelles-Godault, la ville Metaleurop.
Dans les cafés d'Hénin-Beaumont, électeur FN ou pas, on veut bien discuter. Eddy (1) est assis seul devant un verre vide. «Avant, ici, il y avait la métallurgie, le t




