C'était hier matin, Michel Rocard parlait de la manière dont le président de la République, en tapant du pied, avait décidé, comme on punit un peuple, comme on se venge, d'annuler la taxe carbone. C'est stupide, remarqua Rocard. Sarkozy l'avait juré : élections locales, conséquences locales, et puis quelle étrange décision au moment où le progrès de la pensée écologique est le plus spectaculaire. Je terminai mon café et vidai ma cafetière turque (j'ai renoncé aux dosettes, victime de la pensée écologique). Et soudain, comme l'ampoule - éco - qui s'allume dans le cerveau de Géo Trouvetou, j'eus cette révélation : je comprends tout ce que dit Michel Rocard. C'était comme comprendre soudain une langue étrangère. Il y a un avant et un après. Pendant des décennies, que n'a-t-on pas dit sur la rhétorique et l'élocution de Rocard. Incompréhensible, élitiste, abstrait, à moitié dingue. Oublions tout cela. Retenons les images qu'il a utilisées. Nous ne voulons pas faire de notre planète «une poêle à frire». Michel Rocard, face à un gouvernement et des partis qui pratiquent l'amnésie comme un sport de combat, incarne notre mémoire. Il se souvient des années 70 où l'on a commencé à comprendre ce qui se passait avec le gaz carbonique. Il raconte le Giec. Et il le raconte bien. Je comprends tout. Comme Stéphane Hessel, Robert Badinter ou Simone Veil, il sait la valeur des symboles et des principes. On ne renonce jamais à un symbole, on ne fait pas de compromis sur les symboles,
Billet
Soudain, je comprends tout ce que dit Rocard
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L'ancien Premier ministre Michel Rocard, le 7 janvier
à Paris (Photo Martin Bureau. AFP)
Publié le 25/03/2010 à 0h00
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