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Bouclier fiscal : cet incongru totem

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Publié le 08/04/2010 à 0h00

Le bouclier fiscal a constitué la première mesure foncièrement impopulaire mise en œuvre par Nicolas Sarkozy. Chronologiquement, elle a provoqué la rupture initiale avec surtout cette fraction de l’électorat populaire qui avait voté pour lui. Le nouveau président avait voulu en faire le totem de sa politique fiscale. En plafonnant à 50% des revenus l’ensemble des prélèvements publics (CSG et CRDS incluses), il avait choisi de lancer un signal : désormais, il fallait valoriser le travail, la réussite, l’audace, l’innovation. Il voulait en finir avec le vieux complexe français à l’égard de l’argent. C’était, dès le départ, un pari téméraire, la France ayant avec les pays scandinaves la culture la plus égalitariste du monde occidental. C’était même un défi, puisqu’auparavant tous les gouvernements de droite qui avaient emprunté ce chemin l’avaient payé aux élections suivantes, comme Jacques Chirac et Dominique de Villepin notamment se le rappellent. De toute façon, ce totem intempestif est devenu incongru. Sous sa forme actuelle, il paraît condamné. Son principe même en fait de surcroît un handicap de plus en plus lourd à porter pour le président de la République.

Il y a comme une malédiction du bouclier fiscal. A peine instauré, il a été contesté, puis rejeté. Le chef de l’Etat, le gouvernement, et la majorité l’ont exceptionnellement, anormalement, mal présenté et expliqué, peut-être parce qu’ils craignaient déjà d’avoir fait une erreur. La gauche s’est ruée sur l’occasion et

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