Jusqu’aux dernières municipales, le maire et sénateur socialiste de Lyon, Gérard Collomb, gérait sa ville et sa communauté urbaine. Assez bien pour se faire largement réélire. Alors est venue l’idée d’exister nationalement, de peser sur les choix de son parti. De devenir ce que l’on a pris coutume d’appeler un «baron local», face aux princes de Solferino. Comment s’y prend-il, où veut-il aller ? Pour comprendre, il faut l’imaginer à la tête d’une petite entreprise en nom propre qui a conquis son marché local, et veut désormais se développer avant de se faire absorber par une plus grosse entreprise, la strauss-kahnie.
Un élu lyonnais qui connaît bien Collomb assure qu'il y avait, au départ, une dimension revancharde. Le maire s'est souvent senti méprisé dans ce parti qui écoute peu ses élus locaux. Cette fois, il allait leur montrer. «Ma réélection dès le premier tour a peut-être donné plus de poids à ce que je disais jusque-là, confie le maire. Depuis un moment, nous réussissons super bien au niveau local, et pas seulement à Lyon, alors que nous accumulons les échecs au niveau national. C'est peut-être que nous savons gérer localement, avec un discours clair qui correspond à nos actes, ce qui n'est pas le cas nationalement.»
Il manquait de codes pour partir à l'assaut du PS, alors il a monté un petit commando de collaborateurs chargés de le faire exister, à Solferino et dans les médias. Sa maîtrise de sujets locaux comme la taxe professionnelle ou la réforme




