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tribune

Portrait de Sarkozy en phobocrate

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Publié le 12/04/2010 à 0h00

Si Sarkozy était une maladie mentale, ce serait la paranoïa. Tous les symptômes l'attestent, du plus banal au plus inquiétant. Ainsi, il a une très haute idée de lui-même, supporte mal la contradiction et se montre extrêmement susceptible. Sa persécution est sans limites et les offenses dont il s'estime victime sont exponentielles. Un badaud refuse de le saluer ? C'est un «connard». Un autre crie : «Je te vois» ? C'est un délit. Des ragots circulent ? C'est un complot. A la tête d'un pays qui l'a élu, il se méfie de ceux qui le constituent. Tout le monde est suspect : les parents d'être incompétents, les enfants d'être délinquants, les pauvres d'arnaquer les systèmes d'aide, les chercheurs de se la couler douce dans des labos où «i fait chaud et y'a de la lumière», les étrangers d'être des terroristes, les écrivains des grandes gueules et les bébés de la mauvaise graine.

France d'en haut ou France d'en bas, c'est Vigipirate à tous les étages. Même les amis, parfois, sont des ennemis ou le deviennent : alors on les limoge, on les mute, on les lâche, on les dénonce, on les brime. Au contraire, les intimes bénéficient de privilèges régaliens, et leurs villas sont protégées des méchants aux frais du contribuable - le paranoïaque aime à montrer son pouvoir : «Je ne supporte pas qu'on s'en prenne à mes amis parce que ce sont mes amis», résume-t-il dans une belle ambiguïté syntaxique. Epris du grand style français, «quel est le con qui a merdé

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