Vingt-deux pages pour renouveler le logiciel du PS. Le texte pour un «Nouveau modèle économique social et écologique» présenté, hier soir, au bureau national devrait être validé par les militants, dans la foulée du conseil national qui aura lieu le 27 avril. Chargé de piloter ce «travail collectif», Pierre Moscovici, député du Doubs, en livre les principaux éléments.
Quelle est la philosophie du «nouveau modèle» que vous proposez ?
Avec Martine Aubry, nous sommes partis d’une question : quel modèle de développement, quels changements profonds de société les socialistes peuvent-ils proposer ? Notre conviction, c’est que la crise et ses bouleversements appellent à bâtir une alternative. Il y a une rupture à opérer : nous devons penser le monde d’après.
Cela passe par le volontarisme comme troisième voie, entre libéralisme et le retour aux nationalisations…
Je ne m’inscris pas dans ces catégories. Ce que nous voulons, c’est que ce nouveau modèle soit fidèle à nos valeurs de toujours (la recherche de l’égalité, la démocratie sociale et politique, le progrès, la régulation, l’internationalisme, l’engagement européen), mais en privilégiant fortement le long terme et en tâchant de bâtir une société du bien-être.
Est-ce cela que Martine Aubry nomme la «société du soin» ?
Nous souhaitons bien sûr que chacun puisse avoir un emploi et davantage de pouvoir d’achat, mais aussi acquérir les moyens de son épanouissement personnel. En somme, une société où l’on prépare le développement durable, où l’on prend soin des autres, de soi et de la collectivité.
Cela ne vous enferme-t-il pas dans le socialisme compassionnel ?
Pas de caricature ! Notre approche est multidimensionnelle. Elle est économique, avec un socialisme de la production, mettant fortement l’accent sur le volontar




