Cette fois, nous y sommes. C’est au tour de l’Europe ou plus précisément de la zone euro de se trouver dans l’œil du cyclone financier. Il y a deux ans, c’étaient les banques et les assurances anglo-saxonnes qui étaient les premières visées. Aujourd’hui, l’ampleur des déficits publics et le poids des dettes souveraines font de l’euro la cible privilégiée. Au cœur de la crise, l’Europe est devenue le maillon faible de l’économie internationale, avec sa croissance asthénique et ses finances délabrées. Les ennemis historiques de l’euro jubilent, les souverainistes paradent et les déclinistes triomphent. Ils ont grand tort, car les pays qui ont refusé l’euro, comme la Grande-Bretagne, se trouvent en situation encore pire. Reste que les vacillements de l’euro appellent, exigent même, des choix enfin radicaux et cohérents. L’adoption bienvenue du plan européen de sauvetage financier fournit le répit nécessaire. C’est maintenant qu’il faut opter entre l’intégration et la désintégration, entre une coordination économique effective des seize pays de l’euro et le déclin programmé de l’Europe. Ou bien les gouvernements renoncent à leur double jeu habituel - européens à Bruxelles, souverainistes chez eux - ou bien l’euro s’enlisera, voire se défera. L’Europe doit choisir entre avancer ou s’affaisser.
Les souverainistes agitent l’hypothèse d’une sortie de l’euro en bon ordre. C’est une solution à la fois chimérique et défaitiste : chimérique, parce qu’un éclatement de l’euro ne pourrait s




