Interdire les déficits par la Constitution. L'Allemagne l'a fait, Nicolas Sarkozy en rêve désormais ouvertement. Hier, le président de la République a endossé un nouveau rôle : celui de «père la rigueur» de la nation. Il a profité de la deuxième conférence sur les déficits pour annoncer «la mise en œuvre d'une réforme constitutionnelle» afin d'«inscrire dans la durée le redressement des finances publiques». Inspirée des travaux de Michel Camdessus, l'ancien patron du FMI, cette réforme «ferait obligation à chaque gouvernement issu des urnes de s'engager pour cinq ans sur une trajectoire de déficit».
Cette phrase ambiguë du chef de l'Etat peut laisser place à plusieurs interprétations. Mais le rapport intermédiaire de Camdessus, publié hier, est très clair : il vise un objectif de retour à «un équilibre structurel» des comptes de l'Etat en s'inspirant de l'Allemagne, dont la Constitution impose, pour 2016, un déficit limité à 0,35% du PIB (lire page 4). Dès la rédaction définitive de ce rapport, prévue pour fin juin, l'Elysée prévoit de consulter tous les partis politiques, avant de décider par quelle voie modifier la Constitution. Bien que technique, ce projet a provoqué hier des réactions violentes de la part de l'opposition. Le PS l'a jugé «désastreux» et «surréaliste». Pierre Laurent (numéro 2 du PCF) a dénoncé une «stratégie du choc», reprenant le titre d'un ouvrage de l'altermondialiste Naomi Klein. Et Nicola




