Nicolas Sarkozy a choisi ses grévistes. Pendant que défilaient ceux qui avaient cessé le travail pour dénoncer le projet de réforme des retraites, le chef de l’Etat a jugé opportun de bousculer son agenda pour recevoir le plus capé des grévistes du ballon rond, Thierry Henry. Il y avait sans doute urgence : les vacances du futur… retraité des Bleus ne pouvaient pas attendre. Ecouter Thierry Henry, ou entendre le message des manifs contre la réforme des retraites : tel est le raccourci symbolique de la journée. Et Nicolas Sarkozy, même si la discrétion médiatique a prévalu lors de sa rencontre avec le footballeur, est un communicant trop aguerri pour n’avoir pas mesuré ce qu’il faisait. Il a clairement signifié qu’il était prêt, sur le dossier des retraites, à un bras de fer à la rentrée. D’abord parce que l’humeur des Français est trop volatile pour qu’on puisse tabler sur un automne «chaud». Ensuite parce que le président de la République, même si la mobilisation s’amplifie à la rentrée, est prêt à affronter un mouvement social puissant. L’adversité lui convient. Assumer contre vents et marées sa réforme : quoi de mieux pour donner un profil à la fin de son quinquennat et à sa future campagne présidentielle ? Sécurité mercredi soir à La Courneuve, rigueur et comptes publics aujourd’hui avec François Fillon, ténacité face aux syndicats : tous les signaux envoyés témoignent que la confrontation est en marche. Nicolas Sarkozy, pour préparer 2012, n’a pas choisi l’habit du père
EDITORIAL
Bras de fer
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ParPaul Quinio
Publié le 25/06/2010 à 0h00, mis à jour le 25/06/2010 à 7h15
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