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D’une rive à l’autre

Un pont vers la Libération

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Toute la semaine, notre série sur les ponts. Aujourd’hui, l’historique et stratégique Pegasus Bridge, en Normandie.

Publié le 04/08/2010 à 0h00

Pegasus Bridge n'a plus les pieds dans l'eau. Depuis 1993, l'un des plus célèbres ponts de l'histoire militaire repose sur une pelouse bien taillée, dans l'enclos d'un musée (1). Peint en gris clair, il est soigneusement entretenu afin de conserver intacte la mémoire d'une nuit de juin 1944. Le pont que l'on franchit aujourd'hui est une copie conforme de l'original. Lorsqu'il fut lancé sur le canal de l'Orne (Calvados) en 1935, Pegasus Bridge s'appelait simplement le pont de Bénouville, du nom de la petite commune, située entre Caen et la Manche, qui l'accueille. C'est, assurent les ingénieurs, un «pont basculant de type Scherzer», du nom de l'Américain qui inventa, au XIXe siècle, cette technique héritée des ponts-levis du Moyen Age. Grâce à un contrepoids, ce pont en acier peut se relever pour laisser passer les navires. La «pontée», qui se soulève, mesure 43 mètres et l'ensemble pèse 630 tonnes. Une très belle mécanique.

«Coupure humide»

Lorsque les Alliés planifièrent l'opération Overlord de débarquement en Normandie, ils estimèrent que ce pont devait être pris intact, ainsi que celui de Ranville, situé 500 mètres plus à l'est, sur l'Orne. Sans quoi, les troupes britanniques (avec les 177 Français du commando Kieffer) débarquant sur la plage Sword ne pourraient franchir ces deux cours d'eau et, via la route départementale 514, grimper sur le plateau qui domine le secteur. Un point stratégique. Les militaires appellent cela une «coupure

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