Grotesque. Le match qui a opposé hier les syndicats, la police et le pouvoir politique sur le nombre de Français qui ont battu le pavé pour dénoncer l'injustice de la réforme des retraites est désolant. Et la fourchette entre les deux estimations risible : 997 000, assure le ministère de l'Intérieur, 3 millions, clament les syndicats. Va alors pour un 2 millions très centriste ! Cette guerre des chiffres est traditionnelle. Elle peut faire sourire tant elle relève du folklore social. Elle est même pratique : chacun peut choisir son camp, la droite, celui de l'ordre donc de la police ; la gauche, celui de la rue donc des syndicats. Et tout le monde est content à la fin de la journée. Les uns se réjouissent du succès des manifestations quand les autres soulignent que la mobilisation est en reflux par rapport au précédent rendez-vous. Chacun tire la couverture du rapport de force à soi. Le plus simple, pour les médias, serait évidemment de compter les manifestants. Fastidieux, l'exercice est possible - et Libération l'a fait - quand la manifestation est nationale, mais impossible avec 260 cortèges. Derrière cette querelle d'apparence franchouillarde se cache la question du rôle de la police républicaine, qui traficote les chiffres sur ordre. Mais elle pose aussi celle de la crédibilité de la parole syndicale. Chérèque, Thibault et consorts ont hier réussi leur pari. Nicolas Sarkozy n'a pas, lui, réussi à convaincre les Français de la justesse de sa réforme. L'enjeu de
EDITORIAL
Folklore
Réservé aux abonnés
ParPaul Quinio
Publié le 24/09/2010 à 0h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus