Devant la tombe de sainte Pétronille, il a bredouillé le Pater Noster comme un joueur de foot chantant l’hymne national. Pour le reste, Nicolas Sarkozy a parfaitement respecté, vendredi, l’ordre du jour de sa visite de quelques heures au Saint-Siège. Monté en quelques semaines seulement par l’Elysée, au lendemain de la polémique estivale sur les Roms, le déplacement au Vatican a été l’occasion pour le chef de l’Etat de multiplier les appels du pied en direction de l’électorat catholique sans crainte de provoquer des grincements de dents auprès de la France laïque.
Chapelet. Arrivé le matin avec quelques minutes de retard dans la cour Saint-Damase de la Cité du Vatican, Sarkozy, visiblement tendu, a été reçu par un Benoît XVI souriant, ce qui tranchait avec sa petite phrase en français sur l'accueil des «légitimes diversités humaines» qui, en août, avait été perçue comme une admonestation en direction de Paris. «Bonjour, monsieur le Président», a chaleureusement lancé le souverain pontife, qui a fait allusion à «l'âme catholique de la France» avant de s'entretenir en tête-à-tête pendant plus d'une demi-heure avec Nicolas Sarkoy. Le menu de la conversation n'a pas filtré. Officiellement, les deux hommes devaient parler en priorité des situations des chrétiens au Proche-Orient. Tout aussi officiellement, personne n'a prononcé le mot «Rom», d'autant que l'Elysée a veillé à ce que la visite ne soit suivie d'aucune intervention publique.




