Le carburant manque, les trains circulent cahin-caha, les lycéens manifestent de plus en plus nombreux, la police interpelle près de 300 casseurs, et Frédéric Lefebvre affiche son «calme» et sa «sérénité». Mieux, il bombe le torse en évoquant façon Jedi cette «force que personne ne peut arrêter» qui porte la majorité alors qu'une sixième journée de grèves et de manifestations va bloquer partiellement le pays aujourd'hui. Le porte-parole de l'UMP confirme que Nicolas Sarkozy n'a aucune intention de changer de stratégie : ferme il est depuis le début sur les deux mesures phares de sa réforme des retraites (62 ans comme âge légal de départ, 67 pour partir à taux plein), ferme il restera. La déclaration de Lefebvre est non seulement imprudente, elle est indécente. Imprudente car bien malin celui qui peut aujourd'hui faire un pronostic sérieux sur l'évolution du climat social. Les archives de l'INA sont truffées de rodomontades grotesques parce que démenties par la fin du film. Indécents, les propos de cet ami du Président le sont tant ils respirent le mépris à l'égard de salariés qui amputeront aujourd'hui leur revenu d'une nouvelle journée de salaire. Au «calme» et à la «sérénité» de ceux qui font «de la politique», l'UMP oppose, dans un non-dit qui en dit long, l'excitation des grévistes et des manifestants. Mais n'en déplaise à M. Lefebvre, les salariés qui défileront aujourd'hui exerceront leur droit à participer au débat
EDITORIAL
Indécent
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ParPaul Quinio
Publié le 19/10/2010 à 0h00
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