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Libération
EDITORIAL

Sentiment d’injustice

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Publié le 06/11/2010 à 0h00

Une dernière journée de manifestations, peut-être quelques ultimes soubresauts ensuite, et puis… Et puis quoi ? Ou plutôt, et puis qui ? Qui peut, au crépuscule d’un mouvement social inédit par son ampleur et sa durée, s’enorgueillir d’avoir remporté la bataille des retraites ? Nicolas Sarkozy a fait de cette réforme l’alpha et l’oméga de la fin de son quinquennat. Sa réforme sera votée. Il a donc gagné. La discrétion qui est la sienne depuis le vote du texte prouve que les choses ne sont pas si simples. Les tergiversations sur le nom du futur Premier ministre (virage social ou pas ?) démontrent que le Président s’interroge sur le prix de la médaille de «grand réformateur» qu’il pense avoir accroché à son veston. Il sait que sa réforme touchera, d’ici l’élection présidentielle, environ 400 000 Français.

Nicolas Sarkozy sort en vérité du conflit en «vrai faux» vainqueur. Cela signifie-t-il que la gauche peut tirer la couverture du mouvement à elle ? Elle devrait profiter du principal moteur de la mobilisation : le sentiment d’injustice qui écœure les classes populaires et les classes moyennes. Il a été exacerbé par la réforme des retraites, mais ses racines remontent aux origines du sarkozysme, à cause, notamment, du bouclier fiscal. Mais la gauche n’a pas profité de l’automne pour convaincre de ses capacités à proposer une réforme à la fois crédible et plus juste. L’extrême gauche a classiquement joué la surenchère et les socialistes sont restés dans leurs ambiguïtés. Reste l

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