Les querelles d’héritage politique finissent mal, en général. Le symbole était fort : l’appel aux mânes du seul socialiste à avoir jamais remporté la mère de toutes les batailles . L’enjeu tout autant : l’approche de la primaire . Pour cette raison sans doute, la famille socialiste a, pour la galerie, plutôt fait montre d’une certaine tenue, pour le quinzième anniversaire de la disparition de François Mitterrand, célébré en grande pompe samedi à Jarnac (Charente). Mais à y bien regarder, entre le neveu ambitieux (Arnaud Montebourg), les cousins excusés (François Hollande et bien sûr DSK) et surtout les deux sœurs plus rivales que jamais (Ségolène Royal et Martine Aubry), la réunion de famille, comme il se doit, n’a pas été sans quelques malentendus. Force arrière-pensées. Voire un ou deux coups de Jarnac…
Dans le TGV de 7 h 45, Hubert Védrine, président de l'Institut François-Mitterrand, vient de recevoir l'allocution de Royal, présidente de la région Poitou-Charentes. «Il y en a pour vingt minutes», s'exaspère l'ancien ministre des Affaires étrangères auprès de Martine Aubry. Car le programme, établi par l'Institut, est calibré à la seconde près : cinq minutes de parole pour tout le monde. Pas une de plus. L'ensemble de la journée a d'ailleurs été préparé comme un sommet israélo-palestinien. L'étiquette, pourtant, n'empêche pas les escarmouches. Dans le wagon-bar, chacune des parties verrait volontiers Mitterrand à sa porte. Dominique Bertinotti, proche de Royal :




