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Récit

Laurent Fabius, quel leurre est-il ?

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L’ex-Premier ministre, qui accueille aujourd’hui sur ses terres normandes Martine Aubry, n’a pas totalement renoncé à ses ambitions présidentielles.

Laurent Fabius à La Rochelle en août 2010 (Stéphane Mahe / Reuters)
Publié le 19/01/2011 à 0h00

Longtemps, il a joué gagnant. Sans gagner. Voilà pourquoi, aujourd'hui, il joue placé. En hésitant un peu, tout de même, sur le meilleur des chevaux… Laurent Fabius reçoit aujourd'hui en son fief de Haute-Normandie, pour une visite sur le thème de la politique industrielle, son alliée Martine Aubry. Avec, comme toujours, une exquise urbanité. «Ça me fait plaisir de l'accueillir», assure l'ancien Premier ministre qui, tout comme Dominique Strauss-Kahn, fut l'un des piliers de la conquête du PS, lors du congrès de Reims, par la maire de Lille. Mais alors que l'alliance tripartite constituée va, à l'approche de la primaire, immanquablement tanguer entre les deux favoris des sondages, Laurent Fabius se montre tout aussi courtois envers le directeur général du FMI. Et se répète à l'envi, ces jours-ci, convaincu que «Dominique Strauss-Kahn souhaitera se présenter. S'il le fait, s'il est désigné, il a de très bonnes chances de gagner.» Il dit aussi : «Si Dominique souhaite y aller, Martine n'ira pas contre lui.»

«Casting». Officiellement, pourtant, nul poulain dans l'écurie du député de Seine-Maritime. «Laurent Fabius ne joue pas à la course de petits chevaux», assure son lieutenant Guillaume Bachelay. «J'ai envie qu'on gagne. Je sais que ça va être difficile. Donc, j'essaye d'aider», ressasse inlassablement Laurent Fabius, qui ne serait plus qu'abnégation, altruisme et sens du collectif.

Mais puisqu'il faudra bien choisir

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