Menu
Libération
EDITORIAL

Surplace

Réservé aux abonnés

Publié le 24/01/2011 à 0h00

Nicolas Sarkozy parle, mais qui l’entend ? Alors qu’il va achever aujourd’hui, devant les diplomates et la presse réunis, son marathon des vœux, il est frappant de constater à quel point le Président prêche dans le désert. Le chef de l’Etat a lui-même, dès sa prise de fonction, souhaité banaliser ces cérémonies à répétition, il est vrai un chouïa ringardes et trop protocolaires. Le résultat dépasse sans doute ses espérances : voilà trois semaines qu’il mouline ses discours comme un cycliste pédale dans la semoule. Et, quand il voyage en province, c’est pour mieux faire du surplace. Les vœux ne font que mettre en lumière sa difficulté à renouer avec l’opinion. Elle remonte au pire à la défaite de son camp aux régionales, au mieux à l’adoption de la réforme des retraites, qui a sonné le début de la fin de son quinquennat actif. Mais le G20, vendent les communicants de l’Elysée, va offrir au Président mal-aimé l’occasion de rebondir. Le pari est osé. Nicolas Sarkozy pourra revendiquer d’avoir, au pire de la crise, tenu un langage de fermeté propre à rassurer. Le bateau France a tangué. Il n’a pas coulé. Il pourra aussi revendiquer que des réformes, dans la douleur, ont été imposées au pays. Mais il devra aussi démontrer aux Français que ses rodomontades en faveur d’une meilleure régulation de l’économie en général et de la finance internationale en particulier n’étaient pas que du vent.

Pour réussir son G20, il lui faudra convaincre des partenaires jusqu’ici récalcitrants, et su

Dans la même rubrique